13 avril 2012 : Un pas vers l’autorisation de la recherche sur l’embryon humain et les cellules souches embryonnaires

publié le 15 avr. 2012 à 23:24 par Contact AFC

Un décret consacré à un des aspects de la loi de bioéthique révisée l'an dernier vient de paraître. Il précise que " le principe d'interdiction de la recherche sur l'embryon " est " désormais assorti de dérogations pérennes ".

Ces dérogations seront accordées par l'Agence de Biomédecine à condition que " la pertinence scientifique du projet de recherche soit établie, que la recherche soit susceptible de permettre des progrès médicaux majeurs " et s'il est " impossible de parvenir au résultat escompté par le biais d'une recherche ne recourant pas à des embryons humains, des cellules souches embryonnaires… ".

Ces dérogations soulèvent des questions, alors même qu'un récent arrêt de la Cour européenne de justice, en date du 18 octobre 2011, bannissait la brevetabilité des technologies de recherches qui s'appuient sur les cellules souches et débouchent sur la destruction d'embryons humains, précisant en outre que " tout ovule humain doit, dès le stade de la fécondation, être considéré comme un embryon humain dès lors que cette fécondation est de nature à déclencher le processus de développement d'un être humain ".


Si le décret paru hier précise que ces recherches, dans leur projet et leur mise en œuvre, doivent respecter " les principes éthiques relatifs à la recherche sur l'embryon… ", les AFC tiennent néanmoins à rappeler avec insistance que toute recherche sur l'embryon fait de l'embryon un matériau de laboratoire et aboutit à sa destruction.

Par ailleurs, le décret en question étend ces dérogations dans le cadre des " soins au bénéfice de l’embryon "ainsi qu'à l'Assistance Médicale à la Procréation s'il s'agit d' " améliorer " celle-ci.
Pour les AFC, l'attitude face à l'embryon demande plus de sérieux et de prudence puisqu'il s'agit d'un être humain en tout début de vie.

Les AFC soulignent aussi que les embryons surnuméraires issus du parcours d'AMP constituent un vrai dilemme pour les couples pour lesquels " renoncer aux embryons " en vue d'un don à la science " provoque une culpabilité mal assumée " (De la pilule au bébé éprouvette. Choix individuels ou stratégies médicales ?, INED, 2008, p. 253).

Enfin, les AFC tiennent à rappeler que les moyens consacrés aux recherches sur l'embryon pourraient être consacrés à développer des recherches respectueuses et gardiennes d'une écologie de l'Homme soucieuse du bien-être des personnes (par exemple les recherches sur les cellules souches issues du sang de cordon).


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